Où manque-t-on le plus de connaissances naturalistes ? Rapport MNHN et nouvel indicateur ONB

L'essor du partage de données de biodiversité permet de plus en plus de travaux d'expertise assistés par les statistiques et la modélisation. Le grand volume de données disponible et leur potentiel analytique nécessite à présent d'évaluer la « qualité » de cette connaissance et de replacer les analyses dans le contexte de l'exhaustivité de l'information.

A partir d’un travail mené par l’UMS 2006 « Patrimoine Naturel » (MNHN-AFB-CNRS), l’Observatoire National de la Biodiversité, dans le cadre de la nouvelle réunion thématique « Nature & connaissance », a produit un indicateur sur les lacunes de connaissances naturalistes produites et partagées en France métropolitaine. Cet indicateur vient enrichir la nouvelle thématique Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) – Connaissance, qui vise à renseigner sur l’état actuel des connaissances sur la biodiversité.

Il est mobilisé dans la question stratégique 4- Comment la connaissance sur la biodiversité évolue-t-elle en France ?

L'étude, mise en œuvre pour la Métropole, s’intéresse à la richesse spécifique mesurée à partir de 30,7 millions de données de distribution issues de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, plate-forme thématique nationale du Système d’Information sur la Nature et les Paysages. Cette richesse est comparée, pour 27 groupes taxonomiques, à un seuil de connaissance qui représente la richesse minimale devant être observée dans une maille. La comparaison se fait d'abord pour chaque groupe un par un, puis l'indicateur est construit à partir du cumul des 27 groupes.

D’après les informations naturalistes partagées au niveau national, on estime qu'en 2016, pour une maille 10 x 10 km de métropole, en moyenne 76 % des groupes taxonomiques sont mal connus (mal inventoriés). Pour les groupes plus populaires auprès des naturalistes, la situation est meilleure, mais 48 % des groupes restent insuffisamment connus (inventoriés) sur le territoire.

L'effort à produire dans le partage et l'acquisition de connaissance sur les espèces reste donc conséquent. Toutefois, grâce au SINP (cf Évolution du volume de données disponibles sur la biodiversité), on note une progression, comme l'indique le nouvel indicateur de l'ONB publié ce 19 mai 2017, relatif aux Lacunes de connaissances naturalistes produites et partagées en métropole.  Il indique qu'entre janvier 2016 et janvier 2017, le pourcentage moyen de groupes taxonomiques estimés mal connus (mal inventoriés) est passé de 81 % à 76 %.

Le résultat suit en général les limites « administratives » : ce qui différencie les régions en avance dans le partage des données par rapport aux autres régions ; par ailleurs, on remarque que certains sites emblématiques (Fontainebleau, les Parcs nationaux, les fleuves) sont mieux connus. Les zones méconnues relèvent en premier lieu d’une manque de partage des informations avec l’échelon national (façade Ouest, Corse, etc.) et peut être, plus ponctuellement, de vrais déficits de connaissance.

Pour en savoir plus :

Lacunes de connaissances naturalistes produites et partagées en métropole

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Français
Date
22/05/2017