Evolution des populations d'oiseaux d'eau hivernants

Evolution des populations d'oiseaux d'eau hivernants

Taux d'évolution de l'abondance des oiseaux d’eau hivernants métropolitains
Présentation et interprétation de l'indicateur
Valeur par période
+77% entre 1980 et 2018
 
 
 
Fiche mise à jour le
02/12/2019

Les oiseaux d'eau forment une composante emblématique et très visible de la biodiversité des zones humides. Diverses activités humaines reposent sur cette composante (écotourisme, chasse au gibier d'eau...). La France a une forte responsabilité internationale pour l'accueil de certaines de ces populations. L'évolution de leur abondance  à la mi-janvier offre la possibilité de suivre certaines des modifications intervenues en un demi-siècle dans les zones humides françaises, même si l'état des populaions d'oiseaux ne reflète pas forcément celui de l'ensemble du vivant et des écosystèmes.

Depuis le début des comptages Wetlands International en 1967, les conventions internationales et lois de protection de la nature ont considérablement amélioré la protection des oiseaux d'eau et des zones humides (1971: Convention de Ramsar, 1976: loi de protection de la Nature instaurant  leur protection légale, 1979: Directive UE "Oiseaux" ; création des réserves naturelles...). Leur persécution a été fortement réduite dès les années 1970, parallèlement à l’augmentation des espaces protégés, à une plus grande disponibilité d'habitats d’alimentation protégés, et aussi à des hivers moins rigoureux. Comme ailleurs en Europe, les oiseaux d'eau ont profité en France de ces mesures de conservation. Concomitamment à l’essor de leurs populations reproductrices et de leurs aires de répartition, les effectifs de certains groupes ont particuliérement progressé en hivernage, comme les ardéidés, la Grue, la Cigogne blanche ou la Spatule blanche. Cette progression nationale ne résulte donc pas uniquement de l'évolution de l'état des zones humides en France, mais aussi des mesures prises ailleurs sur leurs voies de migration, et de changements climatiques. Les espèces protégées voient leurs effectifs augmenter plus rapidement que les espèces gibier.

Une augmentation de l'abondance des populations d'oiseaux d'eau peut être le signe d'une augmentation de la capacité d'acceuil globale des zones humides françaises (par leurs qualité et/ou surface), la capacité d'accueil maximale de celles-ci n'étant pas initialement atteinte.