2- Comment les éléments de la biodiversité identifiés comme majeurs évoluent-ils en France ?

2- Comment les éléments de la biodiversité identifiés comme majeurs évoluent-ils en France ?

Présentation

En matière de biodiversité, l'une des difficultés majeures d'analyse résulte du fonctionnement systémique de l'ensemble des différentes communautés. Il n’est pas toujours facile de mettre en évidence des causalités entre telle pression et telle conséquence dans l'équilibre d'un écosystème, ce qui peut conduire à un certain immobilisme des acteurs dans l'engagement pour telle ou telle mesure, faute de savoir prioriser l'action. Ainsi, la question de savoir ce qui est essentiel dans la préservation de la biodiversité se pose sans cesse. Il s'agit ici de relever les enjeux majeurs identifiés, ce qui ne dispense bien sûr pas d'une action concertée concernant l'ensemble de la société, des territoires et des éléments de biodiversité. Cette question permet d'identifier et de suivre le capital naturel à préserver absolument, rare, menacé, emblématique, essentiel pour la pérennité des écosystèmes ou de notre société.

Objets et indicateurs

La réponse à cette question mobilise des indicateurs diversifiés ciblés sur ce patrimoine à préserver coûte que coûte. Qu'il s'agisse d'espèces ou d'habitats, trois dimensions se conjuguent pour justifier l'intérêt particulier porté sur ce patrimoine : l'acuité de la menace pesant sur ces éléments patrimoniaux, le rôle fonctionnel majeur joué dans les équilibres naturels (espèces dites « clefs de voûte » ou « parapluie » par exemple) et enfin la responsabilité particulière de la France dans la préservation de ces éléments au niveau européen ou international.

Comment les écosystèmes à enjeux évoluent-ils en France ?

Même si tous doivent faire l'objet d'une attention de la part de la société, tous les écosystèmes ne présentent pas le même intérêt écologique et leur destruction ou leur dégradation – ou au contraire leur restauration – ne prend donc pas la même signification en termes de patrimoine naturel ou de maintien des grands équilibres dynamiques. Là encore, le suivi particulier de ces espaces et des menaces pesant sur eux vise à l'interpellation de la société sur la responsabilité particulière de la France vis-à-vis de son propre patrimoine ou de sa responsabilité internationale.

Évolution de l'état des récifs coralliens

Pourcentage des stations de suivis des récifs coralliens dans les outre-mer français dont le recouvrement en corail vivant est stable ou en augmentation
64 % des stations en état stable ou en augmentation en 2015

Évolution de l'état des zones humides

Proportion de zones humides au sein d'un échantillon national dont l'évolution est stable ou en amélioration en termes d'étendue et d'état des milieux humides qu'elles abritent
52 % des zones humides en état stable ou en amélioration sur la période 2000-2010

Évolution des surfaces de grands espaces toujours en herbe

Taux d'évolution de la surface toujours en herbe (STH), surfaces collectives incluses, des petites régions agricoles (PRA) où ces surfaces représentent au moins 20 % de la SAU
- 7,9 % entre 2000 et 2010 (recensement agricole)
- 3,3 % entre 2010 et 2013 (enquête par échantillonnage)

État des habitats les plus caractéristiques de la France au niveau européen

Proportion des habitats d'intérêt communautaire pour lesquels la France a une responsabilité supérieure à la moyenne et qui sont en bon état
26 % sur la période 2007-2012

Évolution des milieux naturels dans les secteurs de nature remarquable

Évolution de la surface des milieux naturels et semi-naturels dans les zones continentales identifiées comme remarquables (ZNIEFF continentales de type 1 et 2)
- 36 749 ha entre 1990 et 2012
 

État de conservation des habitats naturels

Proportion des habitats d'intérêt communautaire évalués qui sont dans un état de conservation favorable
22 % sur la période 2007-2012
 

Évolution de la biomasse microbienne des sols en métropole

Taux d'évolution de la biomasse microbienne moyenne des sols en métropole
61 µg d'ADN microbien /g de sol sur la période 2000-2009 (Première valeur de référence)
 

Évolution en métropole des volumes de bois particulièrement favorable à la biodiversité liés aux stades vieillissants des arbres

Proportion des Grandes régions écologiques (GRECO) dont le volume de bois mort et de très gros arbres se maintient ou progresse
Volume national en augmentation entre les périodes 2006-2010 et 2011-2015 (mais tendances régionales à consolider)
Comment l'état des espèces à enjeux évolue-t-il en France ?

Il est toujours délicat de décréter que telle ou telle espèce est remarquable. Les critères d’appréciation demeurent parfois subjectifs ; telle espèce sacrée ici est considérée comme simple ressource naturelle ailleurs, telle espèce hier inscrite comme nuisible pour l’agriculture fait aujourd’hui l’objet de toute notre attention comme espèce protégée. Néanmoins, un certain nombre de critères permettent de qualifier à un moment donné les espèces présentant une importance particulière : espèces endémiques ou rares, en danger, originales, espèces clefs de voûte ou emblématiques, ou encore espèces envahissantes, espèces à enjeu également en raison de la menace potentielle qu’elles font peser sur la biodiversité.

Nombre d'espèces endémiques en France

Nombre d’espèces métropolitaines et ultramarines endémiques et sub-endémiques
16 773 espèces non éteintes en novembre 2016

Responsabilité de la France métropolitaine pour les espèces menacées au niveau européen

Parmi les espèces menacées évaluées par l’UICN international au niveau européen, proportion des espèces qui sont présentes en France métropolitaine
18,4 % au 1er mai 2017

Responsabilité internationale de la France pour les espèces les plus originales

Nombre d'espèces françaises d'amphibiens et de mammifères présentes dans les listes mondiales EDGE
6 espèces en 2012

Présence des grands prédateurs en métropole

Proportion du territoire métropolitain avec présence régulière d'au moins un grand prédateur terrestre (loup, lynx, ours)
5,0 % du territoire en 2016
 

Proportion d'espèces éteintes ou menacées dans les listes rouges nationales

Proportion d'espèces en catégories éteintes ou menacées dans les listes rouges UICN-MNHN pour la France métropolitaine et ultramarine par rapport au nombre total d'espèces évaluées (pour les groupes évalués dans leur totalité)
31 % au 1er mai 2017
 

Responsabilité de la France pour les espèces menacées au niveau mondial

Proportion d'espèces en catégories éteintes ou menacées dans la liste rouge mondiale de l'UICN (évaluations internationales) pour la France par rapport au nombre total d'espèces évaluées
14 % au 1er mai 2017
 

Évolution du nombre de traces de pontes de tortues marines en Outre-mer

Taux d'évolution du nombre de traces de pontes de tortues marines dans les territoires ultramarins
- 13,6 % entre 2010 et 2011
 

Nombre d'espèces en Outre-mer parmi les plus envahissantes au monde

Nombre d'espèces présentes dans au moins un des territoires ultramarins parmi la liste de 100 espèces considérées par l'UICN comme les plus envahissantes au monde
60 espèces en 2016
 

Évolution du nombre moyen d’espèces exotiques envahissantes par département métropolitain

Évolution moyenne du nombre d’espèces exotiques envahissantes par département métropolitain, sur la base d’un panel de 84 espèces, sur une période de 10 ans, calculée à partir des 40 dernières années
5,6 espèces de la liste de référence "gagnées" par département par période de 10 ans
 

Abondance des vers de terre

Evolution de l'abondance totale des vers de terre dans les sols
264 individus / m² sur la période 2005-2015 (évolution non encore disponible)
Comment la diversité génétique à enjeux évolue-t-elle en France ?

Le niveau génétique, s'il constitue un élément essentiel de la biodiversité, est encore finalement très peu connu, sauf exception (certaines espèces cultivées par exemple). Les exemples sont nombreux de particularités génétiques offrant aux espèces ou individus qui les portent des propriétés importantes pour la diversité biologique (caractères originaux, rares, exclusifs d'une espèce ou d'individus...) ou pour les sociétés humaines (usage dédié) : faculté de bioluminescence, synthèse d'une molécule précieuse pour la pharmacie, variété cultivée particulièrement intéressante, résistance différente de certains individus à un stress grâce à leur génotype particulier... A contrario, la connaissance globale en reste extrêmement lacunaire et n'a pas permis jusqu'alors d'élaborer des indicateurs nationaux synthétiques permettant de traiter cet aspect de manière satisfaisante.