4- Comment la connaissance sur la biodiversité des milieux d'eau douce évolue-t-elle en France ?

4- Comment la connaissance sur la biodiversité des milieux d'eau douce évolue-t-elle en France ?

Présentation

L'un des constats majeurs lorsque l'on aborde l'enjeu complexe de la préservation de la biodiversité est celui de la difficulté à appréhender l'ensemble du sujet par des connaissances scientifiques et sociétales synthétisées et disponibles. Le champ de la biodiversité est extrêmement vaste, les mécanismes complexes, les méthodes d'investigation coûteuses et peu automatisables, les acteurs nombreux. La stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) met l'accent sur la nécessité d'améliorer toute la chaîne de production de savoir, de la recherche à la diffusion d'informations de synthèse, en passant par la mobilisation et l'expertise des données. De la qualité de cette connaissance et de la compréhension des phénomènes et des évolutions dépend l'efficacité de l'action en faveur de la biodiversité.

Objets et indicateurs

Pour éclairer cette question, trois aspects sont proposés au débat.

Le premier est celui de la production de la connaissance par les multiples sources et de leur mutualisation, de la capacité aussi à évaluer les lacunes dans la connaissance du vivant et de ses mécanismes, pour orienter l'acquisition de connaissance et la structuration de l'information.

Le deuxième aspect suivi ici est la capacité de la société à assurer une bonne diffusion et appropriation de la connaissance par les différents acteurs, du décideur au citoyen, de l'élève au scientifique, de l'industriel à l'acteur culturel ou social.

Le troisième est la question de l'intégration effective de la connaissance dans la décision pour orienter la société dans le sens d’une compatibilité effective avec le maintien et la restauration de la biodiversité.

Comment évolue la production de connaissances sur la biodiversité des milieux d'eau douce en France ?

Les indicateurs proposés cherchent à donner des éléments d'appréciation sur l'avancement de la recherche et de l'inventaire de la biodiversité. Pour coordonner l'effort de connaissance et mesurer les progrès restant à accomplir, pouvoir apprécier les lacunes de connaissance est en effet essentiel. Même s'il est difficile d'estimer ce que l'on ne connaît pas, plusieurs indicateurs sont proposés pour contribuer à estimer ces lacunes.

Comment évolue la diffusion des enjeux et des connaissances sur la biodiversité des milieux d'eau douce en France ?

Le niveau de la connaissance de toutes les composantes de la biodiversité peut être approché par le nombre de données connues. Cependant, cette approche sur le volume des données ne saurait être pertinente sans être croisée avec une notion d'accessibilité des données à tous les acteurs susceptibles d'en avoir besoin. Le système d'information sur la nature et les paysages (SINP) répond à ce besoin d'accès et de partage des données. L'évolution du nombre de données auxquelles il donne accès permet ainsi d'apprécier les efforts d'amélioration d'une connaissance de la biodiversité utile à tous. Le référentiel taxonomique national (TAXREF) référence les espèces dont la présence en France a été signalée et met cette liste à disposition de tous. Sa complétude est donc un enjeu important pour permettre à chacun d’appréhender quel patrimoine naturel est présent dans notre pays. Cette analyse de l'évolution de la diffusion de l'information doit prendre en compte en complément l'évolution des canaux classiques de la diffusion (programmes scolaires, formations universitaires, formations professionalisantes...) mais également de celle de nombreux médias qui relaient également ces connaissances (supports particuliers sur le web, journaux de vulgarisation, reportages télévisuels...).

Comment évolue l’intégration des connaissances sur la biodiversité des milieux d'eau douce dans la société française ?

L'intégration des connaissances dans l'action peut être approchée de différentes manières :

  • accroissement de la sensibilité et de la connaissance des enjeux et des faits par les habitants, les acteurs de la société (intégration dans les consciences) ;
  • changement de comportement individuel et collectif sur la base de la connaissance accrue des enjeux et des risques pour la biodiversité (intégration dans l’action individuelle) ;
  • accroissement général de la prise en compte des enjeux de biodiversité dans la décision politique ou économique, la réglementation et l'aménagement du territoire (intégration dans la stratégie collective) ;
  • orientation des efforts vers les zones ou espèces à plus fort enjeu de préservation (intégration dans les politiques).