Travaux méthodologiques relatifs aux indicateurs de biodiversité forestière

Travaux méthodologiques relatifs aux indicateurs de biodiversité forestière

Contexte

Les efforts de suivi de la biodiversité en forêt sont à la fois largement lacunaires et segmentés entre plusieurs processus d’évaluation, relevant d’une part de la gestion durable des forêts (Forest Europe, Indicateurs de gestion durable des forêts françaises métropolitaines), et d’autre part du suivi de la biodiversité en général, en lien avec l’adoption de la Convention sur la diversité biologique (1992). Forts de ce constat, les parties prenantes (scientifiques, gestionnaires privés et publics, décideurs) ont réaffirmé la nécessité de développer des jeux d’indicateurs supplémentaires pour la biodiversité en forêt :

Dans la continuité de cette réflexion, l’ONB a souhaité disposer d’un outil de suivi de la biodiversité en forêt co-construit avec les parties prenantes et permettant de communiquer auprès des acteurs professionnels, des décideurs et du grand public (journalistes, enseignants, etc.).

Le projet Questind

Le projet Questind (Questions & Indicateurs, 2012-2013), coordonné par le GIP ECOFOR et l'Irstea et financé par le Ministère en charge de l'écologie, est né de cette volonté. Conformément à la méthodologie générale de l’ONB, il s’est attaché à élaborer une matrice pour l’évaluation de la biodiversité en forêt, composée de :

Les travaux se sont appuyés sur la réunion thématique "Biodiversité & Forêt" mise en place par l’ONB et ont fait l’objet d’un rapport de synthèse Questind.

Les travaux amorcés dans le cadre du projet Questind se sont poursuivis au sein de la réunion thématique dont l'animation a été confiée à un "groupe projet", composé du GIP ECOFOR, de l'Irstea, de l'IGN et de l'ONF - coordonné par le GIP ECOFOR. Ce groupe de travail est notamment responsable de la mise en œuvre d’un programme de travail annuel établi par la RT.

Les travaux méthodologiques concernant l’amélioration de l’indicateur « Bois favorable à la biodiversité »

La volonté de produire rapidement un indicateur relatif au sujet emblématique des bois morts et très gros bois a conduit à la publication dès 2012 d'un nouvel indicateur national «Évolution en métropole des volumes de bois particulièrement favorable à la biodiversité liés aux stades vieillissants des arbres ».

Néanmoins, conscient dess limites de ce premier indicateur, un groupe d’experts spécifiques animé par l'Irstea et le GIP ECOFOR a été installé fin 2015 afin de proposer des pistes d'amélioration méthodologiques.

Un travail de synthèse des réflexions antérieures (2012-2013) sur l’indicateur a été effectué par l'Irstea. Sur cette base, une feuille de route a été établie pour conduire les travaux d’amélioration de l’indicateur, dont la présentation est disponible en ligne.

Les réflexions conduites depuis début 2016 ont porté principalement sur le choix des types de bois et des seuils de diamètre considérés comme favorable à une biodiversité typiquement forestière. Une note de synthèse sur les diamètres seuils utilisés pour caractériser les très gros arbres vivants dans la littérature et dans les dispositifs liés à la biodiversité produite par Frédéric GOSSELIN a montré qu’il n’y avait pas de consensus scientifique. Au vu de ces conclusions, il a été retenu par l'ONB :

  • de rester cohérent avec des catégories de dimension utilisées par les gestionnaires forestiers et l’IGN (facilité de calcul) ;
  • d’affiner ce seuil selon les essences et les caractéristiques de la station (utilisation de seuils abaissés pour des essences de petite taille et les stations à faible fertilité).

Un modèle permettant de faire varier le seuil de diamètre des très gros arbres selon les essences a été développé par l'IRSTEA. Il est basé sur un critère de rareté des gros diamètres (qui recoupe finalement le type biologique de Raunkier) et il est presque stabilisé. Afin de prendre en compte les variations stationnelles, une grille de ventilation des conditions de fertilité construite à partir des données pédologiques et floristiques de l’inventaire forestier de l’IGN, a été proposée par Laurent LARRIEU, Gilles CORRIOL et Ingrid BONHEME. Des ajustements de la méthode sont donc à l’étude.

Une deuxième note de synthèse (Christophe BOUGET & Laurent LARRIEU) portant sur les relations entre gros bois morts et biodiversité n’a pas permis de trancher quant au seuil de diamètre des bois morts à retenir pour le calcul de l'indicateur. L’étude des protocoles d’inventaire de l’IGN relatifs aux arbres morts et chablis a conduit à considérer les seuls compartiments "Bois mort au sol" et "Bois mort debout", et à exclure les "Chablis vivants et morts". Une rupture de série identifiée au niveau du protocole "Bois mort au sol" a conduit à mettre momentanément en suspens les réflexions sur cette composante de l’indicateur.