Évolution des populations de chauves-souris

Évolution des populations de chauves-souris

Taux d'évolution de l'abondance des Chiroptères métropolitains
Présentation et interprétation de l'indicateur
Valeur par période
- 46 % entre 2006 et 2014
 
Fiche mise à jour le
18/05/2016

Cette tendance est à considérer comme un ordre de grandeur, indiquant que les effectifs ont subi une baisse de moitié depuis le démarrage du suivi. En effet, la pression d’observation, encore limitée, se reflète dans la précision de cet indicateur, comme le montrent les intervalles de confiance relativement larges. La première et la dernière année de suivi sont à prendre avec précaution puisque leurs deux indices sont construits sur peu de sites suivis. En 2006, l’année de lancement du suivi, peu de sites, principalement franciliens avaient été suivi. En 2014 le nombre de données est également faible du fait que toutes les observations n’ont pas encore pu être intégrées.

La tendance globale, comme toute moyenne, ne reflète pas les disparités entre espèces ni vraisemblablement entre populations d'une même espèce. Ainsi certaines déclinent plus ou moins fortement comme Pipistrellus pipistrellus, Nyctalus leisleri, Eptesicus serotinus, tandis que d'autres présentent une tendance à l’augmentation jusqu’en 2013, tel que Pipistrellus kulhii ou le groupe des Myotis. D’autres, comme Nyctalus noctula ou Pipistrellus pygmaeus, présentent sur la période étudiée d’importantes fluctuations.

Comme cet indicateur concerne principalement des espèces abondantes et largement réparties, il est possible de faire un parallèle avec les résultats observés chez les oiseaux. Chez ces derniers, les espèces rares, localisées et protégées évoluent positivement en moyenne tandis que des espèces spécialistes les plus communes déclinent. C'est aussi le cas chez les Chiroptères pour lesquels on constate une légère remontée des effectifs d'espèces moins répandues comme le groupe des Myotis (Van der Meija T et al. 2015), dont les populations s’étaient effondrées au cours de la seconde moitié du XXème siècle en Europe (Arthur & Lemaire 2009). L’augmentation des effectifs de la Pipistrelle de Kuhl est sans doute à mettre en relation avec le réchauffement climatique, puisqu’il s’agit d’une espèce thermophile qui voit son aire de répartition s’étendre vers le nord.

Bibliographie

Arthur L., Lemaire M., 2009. Les chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope.

Van der Meija T. et al. 2015. Return of the bats? A prototype indicator of trends in European bat populations in underground hibernacula. Mammalian Biology, 80: 170–177