3 - Comment la société se représente-t-elle les forêts ?

3 - Comment la société se représente-t-elle les forêts ?

Présentation

Les représentations sont les savoirs, croyances et valeurs communes à tous les membres d’un groupe social. Elles sont le fruit d’un processus de construction sociale et donnent lieu à des manières de penser et d’interpréter le monde qui nous entoure. Elles sont alimentées à la fois par les pratiques des individus, par leurs perceptions immédiates de l’environnement mais aussi par les savoirs transmis par la famille, le système éducatif, les médias, les institutions (État, organisations professionnelles, associations, institutions religieuses…). A l’interface du psychologique et du sociologique, les représentations sociales construisent nos goûts et servent de guide à l’action.

Comme le montre un sondage récent (Eurobarometer, 2010), la société française n'a pas de représentation «partagée» de la biodiversité en forêt, mais différentes représentations en fonction des publics qui la composent. Connaître et comprendre les différentes représentations des parties prenantes s’avère indispensable pour :

  • comprendre les attentes des différents groupes vis-à-vis de la forêt et de sa biodiversité ;
  • orienter les usages, analyser et intervenir en amont des pressions qui pèsent sur cette biodiversité ;
  • anticiper les conflits d’usages liés à des perceptions différentes entre acteurs du territoire ;
  • comprendre le décalage qui peut exister entre les politiques publiques en faveur de la biodiversité et leur application par les acteurs de terrain ; et développer une prise en charge commune de la biodiversité en forêt.

 

 

Objets et indicateurs

L’analyse proposée s’intéresse aux représentations de la forêt, de la gestion forestière et de la biodiversité en forêt, de différentes catégories d’acteurs : le grand public (la population française prise dans son ensemble), les usagers de la forêt (les promeneurs, chasseurs…) et enfin les acteurs de la gestion forestière (gestionnaires, propriétaires, décideurs…).

Aujourd’hui, les données quantitatives existant au niveau national, établies sur la base d’enquêtes d’opinion (menées par l’ONF, la Forêt Privée, ou les instituts de recherche) ne permettent de répondre que très partiellement à la question posée.

Quelle connaissance la société a-t-elle de la forêt et de sa biodiversité ?

On cherche à évaluer les savoirs de différents publics en ce qui concerne la forêt et les questions de biodiversité qui y sont associées.

Quelles valeurs la société accorde-t-elle aux forêts et à leur biodiversité ?

Selon une définition communément admise, les valeurs sont des principes partagés par les membres d’une communauté, qui fondent et légitiment leurs actions. Concernant les valeurs ou l’importance de la biodiversité, deux conceptions se dégagent :

  • d’une part une vision anthropocentrée « utilitariste » ou « instrumentale», qui renvoie à la question de l’utilité de la biodiversité, considérée comme pourvoyeuse de ressources et services pour les sociétés humaines (les services écosystémiques) ;
  • d’autre part une approche fondée sur la reconnaissance d’une valeur intrinsèque, ou patrimoniale, à la biodiversité. Considérée comme une fin en soi, on lui confère alors une valeur d’existence indépendamment de l’utilisation qu’il est possible d’en faire.

Considérées par notre société comme les espaces les plus « naturels » ou « sauvages », les forêts font également l’objet d’une gestion (entretien, exploitation, aménagement…) sur la grande majorité du territoire métropolitain. L’objectif est de comprendre à quoi nos concitoyens associent cette notion de nature en forêt, et quels sont les éléments qui influent sur le sentiment d’être face à un espace « sauvage » : signalisation, fréquentation, densité des arbres (obscurité), présence de bois mort…

Proportion de français définissant la forêt comme un réservoir de biodiversité

Proportion de français métropolitains considérant que l'affirmation "La forêt française est un réservoir de biodiversité" définit très bien la forêt française
66 % en 2010