4 - Comment les consommations ayant une influence majeure sur les forêts évoluent-elles ?

4 - Comment les consommations ayant une influence majeure sur les forêts évoluent-elles ?

Présentation

Certaines de nos consommations de biens et services peuvent avoir une influence sur les écosystèmes forestiers. Cette influence s’exerce aussi bien sur le territoire français qu’à l’étranger, via les importations. On constate ainsi plusieurs effets :

  • la demande des consommateurs pour une production « durable » peut entraîner des modifications des pratiques de gestion, ou des politiques commerciales et publiques. Par exemple, la certification de la gestion forestière durable répond à une demande publique ;
  • la demande et l’utilisation de produits issus de la forêt (aussi bien du bois que des champignons, des châtaignes…) peut avoir une incidence sur la structure, la composition en espèces, et le fonctionnement de l’écosystème ;
  • la consommation de produits agricoles ou forestiers importés peut avoir une influence dans les pays d’origine. Par exemple, la consommation d’huile de palme ou de soja a un impact dans les pays de provenance qui sont fortement touchés par la déforestation comme le Brésil ou l’Indonésie.

Analyser quantitativement et qualitativement nos consommations s’avère donc indispensable puisqu’elles déterminent en partie l’influence de la société française sur la forêt.

Objets et indicateurs

La question est très large et n’est pas traitée de manière exhaustive. L’objectif est de mettre en évidence des phénomènes prépondérants et véritablement déterminants. Seules les consommations françaises sont considérées, et leur l’influence peut s’exercer sur les forêts du monde entier.

Le lien entre ces consommations et la diversité des espèces présentes en forêt est difficile à expliciter, complexe et probablement non univoque. En effet, les modifications constatées de l’état de l’écosystème forestier (surface, structure, fonctionnement…) en lien avec nos consommations, ne permettent pas toujours de tirer des conclusions en ce qui concerne la biodiversité. Cependant, cette remarque n’est plus valable lorsque la production d’un bien ou d’un service passe par la destruction complète des « habitats » ou milieux de vie des espèces. C’est ce que l’on constate par exemple pour les productions de soja ou d’huile de palme là où elles progressent aux dépens de la forêt.

Comment les consommations de produits forestiers évoluent-elles ?

Pour répondre à cette question, on suit les tendances des consommations en produits forestiers ligneux (bois) et non-ligneux (plantes herbacées, champignons, gibier, liège…).

Le bois est un produit économique important issu de la forêt, il revêt différentes natures qui lui confèrent divers usages : le bois d’œuvre destiné à la construction ou l’ameublement, le bois de trituration pour l’industrie, notamment le papier, et le bois-énergie destiné au chauffage ou à la production d’autres sources d’énergie telles que le gaz ou l’électricité (Peyron et al., 1999). Le calcul d’une « empreinte » permet de mettre en regard ces consommations et la disponibilité des ressources forestières en France métropolitaine.

La consommation française a-t-elle une influence sur les forêts au niveau mondial et comment ?

L’objectif est de relier la consommation de certaines denrées importées dans notre pays avec la déforestation associée dans les pays « producteurs ».

Selon une étude récente menée par la Commission européenne, deux produits importés se sont révélés déterminants en ce qui concerne l’incidence de la consommation européenne sur la déforestation : l’importation et la consommation de viande et d’oléagineux (soja, huile de palme) ainsi que leurs produits dérivés. L’analyse s’intéresse, entre autres, à ces deux principaux déterminants.