5- Comment notre société dépend-elle de la biodiversité et de son évolution ?

5- Comment notre société dépend-elle de la biodiversité et de son évolution ?

Présentation

Dans la mobilisation actuelle pour la préservation de la biodiversité, on observe la montée en puissance de l'approche utilitaire de la biodiversité. Complémentaire de l'approche éthique qui affirme le principe moral de préservation de la vie sous toutes ses formes, pour des motivations religieuses ou philosophiques, cette approche se construit autour du concept de « service écosystémique », développé par l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire, ou Millenium Ecosystem Assessment (MEA) pour les anglo-saxons. Elle s'appuie sur le constat qu'une part très importante de notre activité socio-économique et socio-culturelle dépend des ressources naturelles ou de l'usage de fonctions biologiques par la société. Plus fondamentalement, il s'agit de réaffirmer que l'humanité est dépendante de la vie, que la culture s'appuie sur la nature. En recherchant des traductions socio-économiques concrètes de ces relations entre la biodiversité et les activités anthropiques, il s'agit d'intégrer la logique de préservation de la biodiversité au sein-même de ces activités. Les définitions des services écosystémiques et les valeurs associées doivent être approfondies dans le cadre de la démarche d'évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE) engagée en 2012. Cet exercice permettra également de travailler sur des indicateurs socio-économiques robustes qui font cruellement défaut aujourd’hui pour mettre en lumière et suivre cette dépendance.

Objets et indicateurs

Il n’existe pas aujourd’hui d’indicateurs réellement satisfaisants au niveau national permettant d’évaluer la valeur « économique » de la biodiversité. Les nombreux travaux initiés ces dernières années n'ont pas jusqu’alors abouti à des valeurs robustes et partagées.

L'observatoire national de la biodiversité reste extrêmement vigilant à ce que les données produites permettent explicitement de distinguer :

  • d’une part les services issus d'un usage pérenne et soutenable de la biodiversité ;

  • d’autre part les services issus :

    • de la surconsommation (surpêche, déforestation, agriculture ou foresterie épuisant les sols…) ;

    • ou de perturbations dommageables à la biodiversité à la source des services (intrants ou traitements intensifs, OGM, nanotechnologies…) ;

    • ou entraînant des dommages à d'autres éléments de la biodiversité faisant les frais d'arbitrages défavorables, par exemple en termes d'affectation des sols (biomasse versus alimentation, agriculture versus forêt…) ou de concurrence pour l’espace ou les ressources (aquaculture en mer perturbant les écosystèmes des espèces sauvages).

Ainsi, par exemple, la biomasse obtenue par la gestion industrielle de plantations d’arbres clônés installés sur des terrains semi-naturels ne pourra être retenue comme un service écosystémique issu de la biodiversité.

Le travail de questionnement fin et le développement des indicateurs associés est conduit dans le cadre du projet EFESE auquel l'ONB est associé. Ce chapitre sera donc complété sur la base des conclusions de ce travail à partir de fin 2015.

Aucun indicateur n'est proposé dans l'attente des conclusions de la démarche EFESE

Comment évoluent les activités humaines dépendant directement ou indirectement du vivant (services écosystémiques) ?

Il s’agira ici de qualifier les activités humaines qui se sont développées en exploitant les services écosystémiques. On pense évidemment aux activités primaires (agriculture et pêche), mais cela concerne également l’industrie pharmaceutique, la chimie, le tourisme, la gestion des espaces verts, la recherche...

Comment évoluent les fonctions écologiques sous-jacentes aux services directement ou indirectement dépendants du niveau de diversité biologique ?

Parmi les services écosystémiques, certains dépendent essentiellement de l’existence du vivant, sans nécessiter un haut niveau de diversité biologique. Une production agricole élevée peut être issue d’une seule espèce gérée durablement, une stabilisation de sol peut être assurée par un cortège limité d’espèces, un espace vert peut assurer la détente des citadins sans pour autant constituer un écosystème riche en espèces.

En revanche, la constitution d’un sol complexe nécessite l’intervention de cortèges d’espèces très divers, la pérennité des récifs coralliens et des nombreux services qu’ils rendent est liée à la diversité des espèces de ces écosystèmes… Pour les services écosystémiques dépendant de la biodiversité des écosystèmes, il est important de suivre l’évolution des fonctions écologiques à la source de ces services.