Biodiversité & milieux marins et littoraux

Description de la thématique (périmètre)

Cet article propose une définition du périmètre de la réunion thématique « Biodiversité & milieux marins et littoraux », ainsi qu’une liste de questions et sous-questions stratégiques pour ces milieux.

Son contenu a été revu depuis sa précédente parution en ligne en mai 2016. Les modifications apportées tiennent compte des remarques formulées par l’ensemble des parties prenantes lors des réunions thématiques du 4 octobre 2016 et du 14 mars 2017. Les parties laissées [entre crochets] font encore l’objet de réflexions et devront encore être retravaillées.

L’essentiel des travaux de la réunion thématique portent maintenant sur la structuration d’un jeu cohérent d’indicateurs pour documenter chaque question et sous-question.

Les chevauchements entre réunions thématiques

Il convient de préciser que des réunions thématiques « Biodiversité & forêt », « Biodiversité & milieux humides », « Biodiversité & milieux d’eau douce » et « Biodiversité & changement climatique » sont installées. Il existe des chevauchements entre les périmètres de ces RT et celui de la RT « Biodiversité & milieux marins et littoraux » pour un certain nombre d’habitats en commun, tels que les forêts de mangroves, les récifs coralliens, les marais maritimes… Une articulation étroite est assurée entre ces RT, notamment par la présence croisée d’acteurs ; toutefois, pour un habitat donné et selon les enjeux, les questions et les priorités ne sont pas forcément identiques et les indicateurs retenus peuvent être différents.

Il convient également de noter qu'une réunion thématique « Nature & connaissance » a été installée courant 2016 et a pour objet la description du vivant non anthropique sous toutes ses formes et ses organisations. Elle traitera donc également entre autres de la biodiversité présente dans la mer et sur le littoral, mais sous l'unique question de l'état et des tendances, sans lien avec l'activité humaine. Une réunion thématique « Biodiversité & outre-mer » est également installée, intégrant les enjeux spécifiques aux eaux et littoraux ultra-marins.

Une articulation étroite est assurée entre ces RT, notamment par la présence croisée d’acteurs ; toutefois, pour un habitat donné et selon les enjeux, les questions et les priorités ne sont pas forcément identiques et les indicateurs retenus peuvent être différents.

Le travail de la RT est examiné et valorisé au sein des groupes de travail (GT) en charge de l’élaboration des différents produits de l’ONB :

  • le GT en charge de l’élaboration des jeux d’indicateurs nationaux en référence à la stratégie nationale pour la biodiversité ;
  • le GT en charge des travaux de comparaison avec les niveaux internationaux ;
  • le GT en charge des travaux d’articulation avec les territoires infra-nationaux ;
  • le GT en charge de l’élaboration du Portrait de la biodiversité communale.

Il est ensuite soumis d’une part à la coordination scientifique et technique (CST) de l’ONB par saisine écrite pour un avis motivé sur leur pertinence, d’autre part au comité national de l’ONB (CN ONB) pour amendement et validation. Une fois validé, le travail de la RT est rendu public sur le site internet de l’ONB, via les onglets « Thématiques » (cette page), « Questions » et « Indicateurs ».

 Les enjeux

Couvrant plus de 70 % de la superficie de la Terre, l’océan mondial est le plus vaste écosystème planétaire. La vie y est extraordinairement abondante et diverse. Présente à toute latitude et à toute profondeur, adaptée aux conditions les plus extrêmes, elle se distribue dans l’océan au sein d’habitats naturels très variés ; ces habitats sont caractérisés par des propriétés physiques et environnementales particulières, ainsi que par des assemblages d’espèces animales et végétales (on parle de « communautés biologiques »). Cette diversité d’habitats et d’espèces fournit aux sociétés humaines des biens et des services précieux : ressources alimentaires issues de la pêche, productivité primaire pour la conchyliculture, régulation du climat, protection contre l’érosion côtière, aménités récréatives, inspiration créative…

La France dispose du 2ème domaine maritime mondial le plus vaste, avec une superficie totale de 11 millions de km2 distribuées dans tous les océans. Ceci donne à la France, seul pays sur lequel « le soleil ne se couche jamais », une responsabilité particulière en matière de milieux marins et littoraux, sous toutes les latitudes. Les milieux marins et littoraux français sont le siège de nombreuses activités économiques, et font l’objet d’une gestion active. Cette intense activité humaine agit de manière variable, positive ou négative, sur la biodiversité et sur les capacités des écosystèmes à faire face aux changements environnementaux. Les enjeux maritimes sont donc d’une importance primordiale pour la France.

En premier lieu, il convient de définir le périmètre de cette réunion thématique « Biodiversité & milieux marins et littoraux ». Dans le cadre de cette réunion thématique, les questions seront abordées du point de vue de la biodiversité purement marine ou sous forte influence de la mer (biodiversité soumise à l’influence des vagues, du sel, des embruns…). Ainsi, les enjeux des territoires littoraux liés à la biodiversité terrestre (forêts, champs cultivés, prairies, etc.) ne seront pas abordés ici mais dans le cadre d’autres réunions thématiques (ex : RT « Biodiversité & forêt », RT « Biodiversité & agriculture »).

Les écosystèmes littoraux auxquels nous nous intéressons sont tous ceux qui se trouvent sous l’influence directe des eaux marines. C’est en effet la présence de sel qui permet de limiter vers le continent le littoral.

Ainsi, sont inclus :

  • l’estran, c’est-à-dire la zone de plage (de sable ou de galets) et les vasières qui sont soumises à l’influence des marées ;
  • les côtes et falaises rocheuses ;
  • les pelouses aérohalines ;
  • les cordons dunaires et les zones humides intra-dunaires ;
  • les marais maritimes (parmi lesquels les prés-salés, sansouïres, sartières, marais salés endigués, ainsi que les forêts de mangroves tropicales) ;
  • les estuaires des cours d’eau (remarque : les limites des zones estuariennes sont difficiles à définir; elles pourront être adaptées en fonction des indicateurs proposés) ;
  • les lagons récifaux.

Précision : dans le cadre de cette réunion thématique, et lorsqu’une délimitation géographique s’avère nécessaire (données démographiques par exemple) l’emprise géographique du littoral s’étendra aux limites des communes littorales. Néanmoins, des adaptations pourront être nécessaires selon les régions (notamment en Outre-mer où la notion de commune littorale n’a pas toujours de sens), les écosystèmes considérés (les estuaires par exemple), ou l’enjeu considéré (les questions relatives à certaines pollutions marines d’origine terrigène nécessiteront par exemple d’élargir l’emprise à celle du bassin versant). La limite entre les espaces littoraux et marins sera définie par le zéro hydrographique (le zéro des cartes marines), c’est-à-dire la limite en-dessous de laquelle le fond n’est jamais découvert par la marée. Le champ d’action de l’ONB se limitant au territoire français, la limite du milieu marin au large correspondra donc à la limite des eaux françaises. Là encore, des adaptations seront parfois nécessaires, notamment pour les questions liées à la pêche (pour lesquelles cette limite n’est pas toujours pertinente) ou aux espèces exotiques envahissantes, sous réserve cependant que ces questions représentent un réel enjeu pour les milieux marins et littoraux français.

Les objectifs

Il s'agit de recenser au sein de la stratégie nationale pour la biodiversité les objectifs de préservation, de valorisation et de restauration de la biodiversité identifiés comme liés aux milieux marins et littoraux et aux activités humaines en lien avec ces milieux.

Les indicateurs de l'ONB ne sont pas conçus pour l'évaluation des politiques publiques, qui relève d'une démarche méthodologique différente. Ils renseignent sur l'effet sur la biodiversité de l'action de la société dans son ensemble, par les influences cumulées et inter-dépendantes, issues de décisions d'action dédiées ou non à l'objet examiné. Ces influences ont pour origine :

  • les différentes politiques publiques (Etat, collectivités, établissement publics…) ;
  • les différentes politiques privées (entreprises, monde associatif…) ;
  • les différents comportements collectifs (traditions, habitudes, valeurs collectives, pression sociale…) ;
  • les différents comportements individuels (libre-arbitre, trajectoires individuelles, éducation, croyances, pratiques...).

C'est donc bien en référence à la stratégie nationale pour la biodiversité qu'il convient de mettre ces indicateurs en perspective, et non à telle ou telle politique publique existant sur le champ thématique étudié.

Les indicateurs

Les indicateurs proposés pourront couvrir les aspects suivants :

  • toutes les formes de vie marine et littorale ;
  • les différents niveaux d’organisation de la biodiversité, sauvage ou cultivée, présente dans le milieu marin et littoral ;
  • les dimensions spatiales et temporelles de la répartition de la biodiversité marine et littorale ;
  • les spécificités de la métropole et de l’outre-mer, des grandes aires biogéographiques (Golfe de Gascogne, Manche, Méditerranée), des différents écosystèmes ou habitats ;
  • les fonctions écologiques assurées par les différents niveaux de la biodiversité (production primaire, nourriceries…) ;
  • les propriétés associées au monde vivant (résistance, résilience, spéciation…) ;
  • les valeurs attachées aux usages, marchands et non-marchands, ainsi que les valeurs patrimoniales, attribuées aux éléments de la biodiversité ;
  • les pressions exercées par les activités humaines et le changement climatique sur la biodiversité ;
  • les services fournis à l’espèce humaine par les écosystèmes marins et littoraux ; [cf. remarque ci-dessous]
  • l’organisation et les activités de la société - dédiées ou non – liées à la biodiversité marine et littorale.

Remarque : une évaluation des services (services d'approvisionnement, de régulation, de support et services culturels) fournis à la société par les écosystèmes français marins et côtiers est actuellement en cours dans le cadre de l’évaluation française des écosystèmes et services écosystémiques (EFESE). Pour une définition de la notion de services écosystémiques, on pourra consulter le travail réalisé entre 2001 et 2005 dans le cadre du Millennium Ecosystem Assessment (MEA, « Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire » en français), à l’adresse suivante : http://www.millenniumassessment.org/fr/

Aller vers la liste des questions liées à cette thématique

Avertissement : les questions n'étant pas complètement fixées, quelques rares portions de texte non arbitrées restent encore entre [ ].