Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) - Spécificités outre-mer

Description de la thématique (périmètre)

Dès 2004, la France marque sa volonté de faire entrer la biodiversité dans le champ de toutes les politiques publiques, en lançant sa stratégie nationale pour la biodiversité (SNB). C’est la concrétisation de l’engagement français au titre de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Elle constitue également le volet biodiversité de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD), et est placée sous le timbre du Premier ministre.

Après la première stratégie qui s’est terminée en 2010, la nouvelle SNB 2011-2020 vise à produire un engagement plus important des divers acteurs, à toutes les échelles territoriales, en métropole et en outre-mer, en vue d’atteindre les objectifs adoptés.

Le fondement et l’originalité de la SNB 2011-2020 sont de mettre en place un cadre cohérent pour que tous les porteurs de projets publics et privés puissent contribuer à l’ambition sur une base volontaire, en assumant ses responsabilités. La SNB vise à renforcer la capacité individuelle et collective à agir, aux différents niveaux territoriaux et dans tous les secteurs d’activités (eau, sols, mer, climat, énergie, agriculture, forêt, urbanisme, infrastructures, tourisme, industrie, commerce, éducation, recherche, santé, etc.).

L'animation et le secrétariat de la stratégie est assurée par le ministère en charge de l'écologie. L'orientation générale est débattue par un comité national composé selon les principes de la gouvernance partagée, intégrant des membres représentant les différentes composantes de la société.

Les enjeux

L'érosion de la biodiversité est considérée comme l'une des évolutions les plus préoccupantes au niveau mondial, participant aux changements globaux au même titre que le changement climatique. Nos sociétés humaines, même les plus technologiquement évoluées, dépendent totalement de la nature pour leur survie : alimentation, matériaux, bien-être... La croissance démographique, les modes de vie et le développement des molécules artificielles perturbent profondément les équilibres naturels.

Développer des sociétés plus sobres en utilisation d'espaces, de produits issus de la nature et plus particulièrement du vivant, moins polluantes et plus protectrices du patrimoine naturel est une préoccupation croissante. Cette préocupation est traduite au niveau national par la stratégie nationale pour la biodiversité. Afin de proposer des indicateurs adaptés, l'ONB distingue trois thématiques au sein de la SNB :

  • un enjeu général d'une société française plus sobre et plus protectrive vis-à-vis de la biodiversité, valorisant celle-ci en en garantissant la pérennité et l'utilisation soutenable : c'est l'objet de la thématique "Synthèse" ;
  • des enjeux particuliers liés aux territoires d'outre-mer, qui appartiennent pleinement aux enjeux nationaux, même s'il ne concerne pas le territoire métropolitain : c'est l'objet de cette thématique, intitulée "Spécificités outre-mer" ;
  • les enjeux directement liés à la diversité biologique de la nature, en faisant abstraction de l'espèce humaine : ils sont traités dans une troisième thématique intitulée "Nature".

Les indicateurs développés dans ces trois thématiques sont mobilisés conjointement pour répondre aux grandes questions de société identifiées.

Les objectifs

La stratégie couvre l'ensemble des aspects et enjeux liés à la biodiversité et à ses interactions avec la société. Elle s'intéresse ainsi tant aux questions de l'état et de l'évolution de la biodiversité, des pressions issues des activités humaines, des actions de préservation, de connaissance, de sensibilisation... Elle se préoccupe également de la question des services écosystémiques, c'est-à-dire des bénéfices que nous retirons de la biodiversité, même si la relation entre évolution des services et évolution de la biodiversité est complexe et parfois ambiguë.

La SNB fixe pour ambition commune de préserver et restaurer, renforcer et valoriser la biodiversité, en assurer l’usage durable et équitable, réussir pour cela l’implication de tous et de tous les secteurs d’activité.

Six orientations complémentaires réparties en vingt objectifs, couvrent tous les domaines d’enjeux pour la société :

Orientation stratégique A - Susciter l’envie d’agir pour la biodiversité (P16-19)

  • Objectif 1 Faire émerger, enrichir et partager une culture de la nature
  • Objectif 2 Renforcer la mobilisation et les initiatives citoyennes
  • Objectif 3 Faire de la biodiversité un enjeu positif pour les décideurs

Orientation stratégique B - Préserver le vivant et sa capacité à évoluer (p 20-24)

  • Objectif 4 Préserver les espèces et leur diversité
  • Objectif 5 Construire une infrastructure écologique incluant un réseau cohérent d’espaces protégés
  • Objectif 6 Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement

Orientation stratégique C - Investir dans un bien commun, le capital écologique (p 24-27)

  • Objectif 7 Inclure la préservation de la biodiversité dans la décision économique
  • Objectif 8 Développer les innovations pour et par la biodiversité
  • Objectif 9 Développer et pérenniser les moyens financiers et humains en faveur de la biodiversité
  • Objectif 10 Faire de la biodiversité un moteur de développement et de coopération régionale en outre-mer

Orientation stratégique D - Assurer un usage durable et équitable de la biodiversité (p 28-31)

  • Objectif 11 Maîtriser les pressions sur la biodiversité
  • Objectif 12 Garantir la durabilité de l’utilisation des ressources biologiques
  • Objectif 13 Partager de façon équitable les avantages issus de l’utilisation de la biodiversité à toutes les échelles

Orientation stratégique E - Assurer la cohérence des politiques et l’efficacité de l’action (p 32-35)

  • Objectif 14 Garantir la cohérence entre politiques publiques, aux différentes échelles
  • Objectif 15 Assurer l’efficacité écologique des politiques et des projets publics et privés
  • Objectif 16 Développer la solidarité nationale et internationale entre les territoires
  • Objectif 17 Renforcer la diplomatie environnementale et la gouvernance internationale dans le domaine de la biodiversité

Orientation stratégique F - Développer, partager et valoriser les connaissances

  • Objectif 18 Développer la recherche, organiser et pérenniser la production, l’analyse, le partage et la diffusion des connaissances (p 36-39)
  • Objectif 19 Améliorer l’expertise afin de renforcer la capacité à anticiper et à agir, en s’appuyant sur toutes les connaissances
  • Objectif 20 Développer et organiser la prise en compte des enjeux de biodiversité dans toutes les formations

Les indicateurs

Les indicateurs de la SNB sont développés et publiés par l'ONB sur ce site. Le projet et l'ensemble de la démarche de l'ONB sont présentés sur le site Naturefrance.

Le jeu traitant de sujets particuliers à l'outre-mer (thématique "SNB - Spécificités outre-mer") vise à présenter ces sujets, en un jeu restreint complémentaire du jeu " Synthèse", qui traite de l'essentiel sur l'état et l'évolution de la biodiversité, les effets de la société sur la biodiversité (pressions, usages...),  et l'organisation de la société vis-à-vis des enjeux de biodiversité. Il s'agit de développer et publier des indicateurs sur les enjeux auxquels la France est confrontée sur ses seuls territoires d'outre-mer. On peut citer par exemple :

  • pour ce qui concerne l'état de la biodiversité et son évolution : les forêts tropicales, les mangroves, les récifs coralliens d'eaux chaudes... ;
  • pour ce qui concerne les pressions, certianes pressions particulièrement prégnantes : espèces exotiques envahissantes et consommation d'espaces pour les îles, orpaillage illégal, croissance démographique importante, exploitation minière... ;
  • pour ce qui concerne les forces motrices et les réponses : l'importance des savoirs traditionnels liés à la biodiversité, des outils de protection particuliers aux collectivités assumant la compétence environnementale...

Il convient de distinguer ces indicateurs de ceux qui, pour des raisons de pertinence ou de sources de données et protocoles d'acquisition différents, sont publiés distinctement pour la métropole et l'outre-mer, ceux liés à l'artificialisation ou les listes rouges par exemple.