Taux de boisement en France métropolitaine

Taux de boisement en France métropolitaine

Evolution du taux de boisement en France métropolitaine
Présentation et interprétation de l'indicateur
Valeur par période
30,5 % en 2013 (campagnes 2011-2015)
 
 
 
Fiche mise à jour le
10/05/2017

 

Les forêts sont parmi les milieux naturels les mieux préservés en France (réglementation sur le défrichement, plans de gestion, police forestière, etc.). Leur gestion est encadrée par le Code forestier, le plus ancien d’Europe (1827). Si différentes parties de la biodiversité forestière réagissent à différentes caractéristiques de la surface forestière, la surface forestière totale est une métrique résumant la quantité d’habitat disponible pour la biodiversité forestière ou la biodiversité en forêt.
La forêt française est dans une phase d’accroissement – d’environ 70 % – de sa surface depuis le début du XIXe siècle (voir visuel 3). Cet accroissement a surtout concerné la Bretagne, le Massif Central et la zone méditerranéenne (IGN, 2013). Elle a massivement concerné les forêts privées, assez peu les forêts publiques (IGN, 2013). C’est une tendance constatée dans la plus grande partie des pays européens, liée à la déprise agricole se traduisant par la reconquête de terres que l’intensification de l’agriculture a conduit à délaisser au profit des terres les plus productives. Elle crée dans la matrice forestière contemporaine une distinction entre forêts récentes, qui n’étaient pas forestières aux environs du XIXe siècle – et forêts anciennes. Plusieurs résultats montrent que la biodiversité spécifique est sensible à cette distinction entre forêts récentes et forêts anciennes. Des cartographies de forêts anciennes vont bientôt être disponibles et permettre de suivre ces deux types de forêts en parallèle. Cette forte progression des surfaces forestières en deux siècles n’est toutefois pas uniforme et masque des défrichements causés par l’urbanisation et les infrastructures d’une part, et la réduction des surfaces de milieux forestiers particuliers, comme les forêts alluviales à l’occasion de grands travaux de régularisation du cours des grands fleuves, d’autre part.

La forêt française reste une forêt essentiellement feuillue (67 %), les peuplements mixtes représentant 12 % des forêts de production et les peuplements résineux 21 %. La propriété privée domine assez largement avec 75 % de la surface de forêt de production (IGN, 2016).
La France est le quatrième pays Européen par la surface de sa forêt, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne (Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, 2011). Le taux de boisement de 30,5 % est loin d’être uniforme (voir visuel 2). L’Est de la France ainsi que l’Aquitaine se situent au-dessus de la moyenne nationale, tandis que le Nord et l’Ouest de la France ont des taux de boisement plus faibles (entre 10 et 20 %). Sur un plan écologique, dans un contexte paléo-écologique assez forestier depuis la dernière glaciation, des taux de boisement de plus de 25-30 % ne devraient pas poser de problèmes aux espèces d’oiseaux et de mammifères dépendant de la forêt, tandis que des niveaux autour de 10 % pourraient commencer à être problématiques (Andrén, 1994 ; Swift & Hannon, 2010). De fait, il convient de rechercher un taux de boisement au-dessus d’un certain seuil – au moins 10 % – dans chaque région : les taux de boisement élevés dans certaines régions ne compensent pas complètement les taux de boisement plus faibles d’autres régions. Aux 30 % de forêts stricto sensu sur notre territoire métropolitain s‘ajoutent 4 % de landes (maquis, garrigues, friches, pelouses…) et bosquets (IGN, 2016).
La surface forestière française est essentiellement composée d’ensembles forestiers assez grands, puisqu’en 2008, 68 % de la surface forestière appartient à des massifs forestiers de très grande taille (plus de 100 000 hectares) – si l’on suppose que deux massifs forestiers distants de moins de 200 mètres appartiennent à une même entité (Maaf-Ign, 2016, p 217).