Conservation du patrimoine génétique des arbres en forêt

Conservation du patrimoine génétique des arbres en forêt

Evolution du nombre d'unités conservatoires (UC) des ressources génétiques des principales essences forestières métropolitaines
Présentation et interprétation de l'indicateur
Valeur par période
94 unités conservatoires pour 7 espèces d’arbres en 2017
 
 
 
Fiche mise à jour le
24/04/2017

 

A la suite de la 1ere Conférence ministérielle pour la protection des forêts en Europe (Strasbourg, 1990), la France s’est engagée à mettre en œuvre une politique de conservation des ressources génétiques forestières. Comme préconisé par la Résolution 2 de la Conférence, la priorité a été donnée à la conservation in situ (en forêt) des ressources génétiques forestières. Voir le visuel 3.

La Commission des Ressources Génétiques Forestières (CRGF) a défini les modalités pratiques de mise en œuvre de cette politique, notamment la mise en place d’un réseau national de gestion et de conservation des ressources génétiques des principales espèces d’arbres forestiers (cette approche est complétée par la conservation ex situ et des collections).

La conservation in situ de ressources génétiques forestières d’intérêt national porte actuellement sur sept espèces d’arbres ou essences : chêne sessile, épicéa commun, hêtre, orme lisse, peuplier noir, pin maritime, sapin pectiné. Pour une huitième essence (le pin sylvestre), les unités conservatoires sont en cours de validation.

Les unités conservatoires (UC) visent la conservation dynamique des ressources génétiques autochtones représentatives de la diversité de l’espèce en France. Pour les essences dites « sociales » (qui tolèrent la concurrence intra-spécifique et peuvent constituer naturellement des peuplements purs de grande surface), une UC est typiquement constituée par (i) un noyau de 15 ha environ, enjeu principal des efforts de conservation, et (ii) d’une zone tampon de l’ordre d’une centaine d’hectares, dont le rôle essentiel est de limiter les flux de gènes extérieurs pouvant agir comme des sources d’altérations génétiques indésirables. Les modalités de gestion sont consignées dans une charte de gestion.

Ces unités sont conçues et gérées de manière à ce que la régénération naturelle puisse se dérouler dans de bonnes conditions de brassage des gènes (nombreux parents, régénération abondante) et en faisant jouer la sélection naturelle pour faciliter le processus d'adaptation de la population aux changements de son environnement. Dans le cas des grandes essences sociales et d'UC situées au cœur de l'aire de l'espèce concernée, ces unités sont constituées de plusieurs milliers d’arbres reproducteurs. Dans le cas d'espèces plus rares ou de populations marginales, certaines UC peuvent comporter moins de cent arbres reproducteurs.

Les critères de sélection des unités conservatoires portent sur l’autochtonie, l’isolement de sources de pollen et de graines exogènes, la taille de la population reproductrice et l’accord formel du propriétaire pour une gestion dynamique de la régénération naturelle.