1- Comment la biodiversité évolue-t-elle en France ?

1- Comment la biodiversité évolue-t-elle en France ?

Présentation

La connaissance de l'état et de l’évolution de la biodiversité sont au cœur de la demande de la société pour bien s’approprier et traiter l’enjeu de sa préservation. Une demande croissante d’informations synthétiques sur cette question se heurte à la complexité du sujet, et les réponses que l’ONB peut apporter sont étroitement liées aux données qui peuvent être mobilisées. Il est néanmoins prioritaire de poser quelques repères majeurs sur cette question, sur la base des suivis existants. Il s'agit bien ici de considérer la biodiversité dans son ensemble, indépendamment de la valeur de rareté ou de patrimoine attribué par la société. Les sous-questions s’attachent à aborder les différentes composantes de la biodiversité selon une classification relativement consensuelle (écosystèmes, habitats naturels, espèces, diversité génétique et dynamiques).

Objets et indicateurs

Les indicateurs retenus ont été sélectionnés pour leur capacité à exprimer l'état général de la biodiversité ou de grandes tendances évolutives concernant les différents niveaux d'organisation et les mécanismes de la biodiversité.

Comment les grands milieux et les paysages évoluent-ils en France ?

Le haut niveau de complexité des interactions au sein des écosystèmes et entre écosystèmes rend très difficile une évaluation fine de leur état et de leur évolution. Même lorsque la connaissance scientifique permet la compréhension des phénomènes à suivre, les indicateurs sont coûteux et nécessitent des moyens importants pour la récolte des informations de terrain nécessaires. Ces indicateurs sont néanmoins fondamentaux pour appréhender la situation de la biodiversité, tout autant que ceux relatifs aux espèces, souvent plus populaires. Avec les données existantes il est toutefois possible de construire des indicateurs qui rendent compte des tendances lourdes de la modification de nos paysages essentiellement modelés par l’Homme.

Évolution des surfaces de grands espaces toujours en herbe

Taux d'évolution de la surface toujours en herbe (STH), surfaces collectives incluses, des petites régions agricoles (PRA) où ces surfaces représentent au moins 20 % de la SAU
- 7,9 % entre 2000 et 2010 (recensement agricole)
- 3,3 % entre 2010 et 2013 (enquête par échantillonnage)

Part du territoire des DOM occupé par les écosystèmes peu anthropisés

Part du territoire des DOM occupé par les écosystèmes peu anthropisés
76,7 % en 2012

Évolution de l'état des zones humides

Proportion de zones humides au sein d'un échantillon national dont l'évolution est stable ou en amélioration en termes d'étendue et d'état des milieux humides qu'elles abritent
52 % des zones humides en état stable ou en amélioration sur la période 2000-2010

Qualité écologique des eaux de surface

Proportion des rivières, des plans d'eau, des lagunes, des estuaires et des mers côtières en bon état écologique
43,4 % des eaux de surfaces sont considérées en 2013 comme étant en bon ou en très bon état

Fragmentation des milieux naturels

Taille effective de maille des espaces naturels en France métropolitaine
99,97 km² en moyenne par maille en 2006

Fragmentation des cours d'eau

Densité d'obstacles à l'écoulement des cours d'eau métropolitains
15 obstacles à l'écoulement pour 100 km de cours d'eau en 2017
 

Haies, bois et landes dans les territoires agricoles

Part des territoires agricoles, pelouses et pâturages naturels identifiés par CORINE Land Cover couverts par des surfaces de haies, alignements d'arbres, bosquets, forêts, maquis, garrigues, friches et landes en métropole
11,81 % en 2012
 

Diversité structurelle des forêts métropolitaines

Proportion des surfaces forestières métropolitaines comportant plusieurs strates arborées superposées
Première valeur disponible en 2020
 

Part des espaces naturels français à l'échelle européenne

Proportion de la surface de milieux naturels en France par rapport à la surface de milieux naturels dans l'Union européenne des 27
11,7 % en 2006
 

Part du territoire métropolitain occupé par les écosystèmes peu anthropisés

Part du territoire métropolitain occupé par les écosystèmes peu anthropisés
52,7 % en 2012
Comment les habitats évoluent-ils en France ?

Les écosystèmes sont constitués de milieux relativement homogènes, composés d’espèces adaptées finement aux conditions locales présentes et historiques et interagissant entre elles dans un équilibre dynamique. Ces « briques élémentaires » de nos espaces sont les habitats naturels. Au sein d’un écosystème, les différents habitats évoluent en permanence, et les espèces qui les constituent sont sensibles à cette dynamique. C’est pourquoi il est important de suivre les trajectoires particulières de ces habitats naturels, car elles déterminent le devenir des écosystèmes qu’ils composent.

État de conservation des habitats naturels

Proportion des habitats d'intérêt communautaire évalués qui sont dans un état de conservation favorable
22 % sur la période 2007-2012

Évolution de l'état des récifs coralliens

Pourcentage des stations de suivis des récifs coralliens dans les outre-mer français dont le recouvrement en corail vivant est stable ou en augmentation
64 % des stations en état stable ou en augmentation en 2015

État des habitats les plus caractéristiques de la France au niveau européen

Proportion des habitats d'intérêt communautaire pour lesquels la France a une responsabilité supérieure à la moyenne et qui sont en bon état
26 % sur la période 2007-2012
 

Surface d'habitats naturels en bon état

Proportion des habitats d'intérêt communautaire évalués qui sont dans un état de conservation favorable en France métropolitaine, pondéré par la surface des habitats
28 % sur la période 2007-2012
 

Évolution en métropole des volumes de bois particulièrement favorable à la biodiversité liés aux stades vieillissants des arbres

Proportion des Grandes régions écologiques (GRECO) dont le volume de bois mort et de très gros arbres se maintient ou progresse
Volume national en augmentation entre les périodes 2006-2010 et 2011-2015 (mais tendances régionales à consolider)
 

Proportion de mangroves sous pression anthropique

Proportion des surfaces de mangroves et de milieux associés soumises à au moins une pression d'origine anthropique
Premier calcul en cours
Comment la structure et le fonctionnement des écosystèmes évoluent-ils en France ?

Les éléments « fixes » que sont les gènes, les espèces, les habitats et les éco-complexes ne constituent que la part statique de la biodiversité. Cet ensemble fonctionne et évolue de manière dynamique selon des modalités très complexes que l'on peine à appréhender. Très peu d'indicateurs développés au niveau national permettent de mesurer directement les fonctions écologiques assurées par ces dynamiques multiples, même si de nombreux travaux s'y attachent actuellement en amont des recherches sur les services écosystémiques. L'évaluation française des écosystèmes et services écosystémiques (EFESE) en cours et à laquelle l'observatoire national de la biodiversité est associé, devrait apporter des éléments pour la construction de nouveaux indicateurs dans ce domaine. Dans l'attente de nouveaux indicateurs, ceux construits ici cherchent à caractériser les structures écologiques aptes à assurer ces fonctions, c'est-à-dire le potentiel des écosystèmes, et la présence des éléments favorables à un bon fonctionnement.

Niveau de diversité des régimes alimentaires des oiseaux

Évolution de l’Indice Trophique moyen des Communautés (CTrI) d'oiseaux communs
-3,8 % sur les 10 dernières années (2005-2015) tous milieux confondus

Nombre d'habitats écologiquement fonctionnels

Proportion des habitats d’intérêt communautaire dont les structures et fonctions sont en bon état de conservation
28 % pour la période 2007-2012

Évolution de la biomasse microbienne des sols en métropole

Taux d'évolution de la biomasse microbienne moyenne des sols en métropole
61 µg d'ADN microbien /g de sol sur la période 2000-2009 (Première valeur de référence)
 

Diversité structurelle des forêts métropolitaines

Proportion des surfaces forestières métropolitaines comportant plusieurs strates arborées superposées
Première valeur disponible en 2020
 

Évolution en métropole des volumes de bois particulièrement favorable à la biodiversité liés aux stades vieillissants des arbres

Proportion des Grandes régions écologiques (GRECO) dont le volume de bois mort et de très gros arbres se maintient ou progresse
Volume national en augmentation entre les périodes 2006-2010 et 2011-2015 (mais tendances régionales à consolider)
 

Abondance des vers de terre

Evolution de l'abondance totale des vers de terre dans les sols
264 individus / m² sur la période 2005-2015 (évolution non encore disponible)

Dates de vendanges en France métropolitaine

Évolution de la date moyenne de vendanges dans un panel de vignobles français métropolitains
- 18 jours entre la décennie 1965-1974 et la décennie 2003-2012 (soit en 38 ans)
Comment l'état des espèces évolue-t-il en France ?

Communes ou faisant l'objet d'une attention particulière, les espèces restent les éléments de la biodiversité les plus aisés à appréhender, même si d'énormes lacunes demeurent encore, en particulier pour :

  • les espèces marines ;
  • les espèces des sols ;
  • les invertébrés (insectes, arachnides, vers, éponges...) ;
  • la flore (plantes) et la fonge (champignons) ;
  • les espèces en outre-mer.

Le suivi des espèces doit concerner leur état et l'évolution de leur statut de menace, de leur répartition, de leurs habitats ou de leur abondance. Ce suivi permet de donner l'alerte sur la dégradation des milieux dont ils constituent les vigies.

Évolution des populations d'oiseaux communs spécialistes

Taux d'évolution de l'abondance des oiseaux communs spécialistes métropolitains
- 23 % entre 1989 et 2015

Évolution des populations de chauves-souris

Taux d'évolution de l'abondance des Chiroptères métropolitains
- 46 % entre 2006 et 2014

Évolution de la biodiversité bactérienne des sols

Proportion des unités pédo-écologiques françaises dont la biodiversité bactérienne des sols se maintient ou progresse
1288 taxons bactériens en moyenne, tous modes d'usage du sol confondus (Valeur de référence permettant le calcul ultérieur de la première valeur de l’indicateur)

Proportion d'espèces éteintes ou menacées dans les listes rouges nationales

Proportion d'espèces en catégories éteintes ou menacées dans les listes rouges UICN-MNHN pour la France métropolitaine et ultramarine par rapport au nombre total d'espèces évaluées (pour les groupes évalués dans leur totalité)
31 % au 1er mai 2017

Responsabilité de la France pour les espèces menacées au niveau mondial

Proportion d'espèces en catégories éteintes ou menacées dans la liste rouge mondiale de l'UICN (évaluations internationales) pour la France par rapport au nombre total d'espèces évaluées
14 % au 1er mai 2017
 

Responsabilité de la France métropolitaine pour les espèces menacées au niveau européen

Parmi les espèces menacées évaluées par l’UICN international au niveau européen, proportion des espèces qui sont présentes en France métropolitaine
13,1 % au 1er mai 2015
 

Nombre d'espèces endémiques en France

Nombre d’espèces métropolitaines et ultramarines endémiques et sub-endémiques
16 773 espèces non éteintes en novembre 2016
 

Évolution du nombre de traces de pontes de tortues marines en Outre-mer

Taux d'évolution du nombre de traces de pontes de tortues marines dans les territoires ultramarins
- 13,6 % entre 2010 et 2011
 

Déplacement des espèces lié au changement climatique

Évolution de l'indice thermique moyen des communautés d'oiseaux en réponse au changement climatique
+ 4,6 km/an en moyenne, d'équivalence de déplacement vers le nord entre 1989 et 2013
 

Biodiversité spécifique des vers de terre

Evolution de la richesse taxonomique (nombre de taxons) des vers de terre dans les sols
6 taxons sur la période 2005-2015 (évolution non encore disponible)
Comment la diversité génétique évolue-t-elle en France ?

Il y a très peu d'informations disponibles sur ce niveau de diversité, par ailleurs mal compris par la population. Si des indicateurs seront prochainement disponibles concernant les espèces domestiques ou cultivées, la situation est plus délicate pour les espèces sauvages. On considère pourtant que cette diversité est l'un des mécanismes potentiels majeurs de la Nature pour s'adapter aux changements d'environnement notamment sous contrainte anthropique. Bien que moins visible, la perte de ce patrimoine génétique est irréversible au même titre que la perte d'une espèce.